Les Afghanes et les poissons
Bizarre, bizarre, des poissons en Afghanistan ! Cette idée peut
sembler à premier abord saugrenue. Ce pays résolument monta-
gneux ne connait pas de mer, pourtant c’est bien la conjugaison de
différentes idées qui m’amène à proposer ce thème.
Lors de fouilles archéologiques, des petits flacons en verre en forme de poisson, probable-
ment pour le parfum, ont été mis au jour à moins de 20 km de Laghmani. La Rome
antique était venue jusque-là ! Un de ces poissons est exposé au musée des Arts asiatiques –
Guimet à Paris. Ces flacons-poissons en verre constituent parmi de nombreux autres
objets (en or), le trésor de Bagram qui est daté du premier au second centenaire apr. J.-C.
Il y a les eaux tumultueuses qui descendent de la vallée du Panjshir avec l’Hindou-Kouch
en ses arrières, non loin de la plaine de la Shomali où vivent les brodeuses. Cette rivière
de montagne ne fournit pas les poissons proposés nouvellement sur les étals de la capitale.
Ces derniers proviennent de deux sites d’aquaculture au sud de Kaboul. Mais qui peut se
permettre d’acheter ces poissons ? Pas les brodeuses pour qui cet animal reste un exotique
inabordable.
Plusieurs petites mares sont réparties dans les villages. Ces réserves d’eau entretiennent un
peu de fraicheur et dans leur eau verte nagent des poissons orange : les seuls poissons que
les brodeuses aient pu voir.
Cet animal est un peu connu, beaucoup inventé et nous révèle la fantaisie fabuleuse des
brodeuses, un domaine -probablement le seul- où tout est permis !